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Fin mal géré ! La suite d’une idée

Aujourd’hui nous préparons le deuxième référendum.
Là encore, il semble à la fois salutaire et essentiel de dédramatiser la situation, en portant un regard à la fois corrosif mais aussi bienveillant sur notre pays et sur nous-mêmes.


Impertinence et bienveillance seront eux aussi les deux maître-mots de Fin mal gérés ! Non pas, car cela serait la recette du succès, mais par conviction. Car « secouer le cocotier » n’empêche pas d’œuvrer pour le destin commun.

Initialement, je ne pensais pas écrire une suite.
Mais très rapidement, le public nous a demandé de nous relancer dans l’aventure.


J’ai beaucoup hésité.
D’abord parce qu’il est toujours difficile d’écrire après un premier succès.
Et puis, Maïté, elle, ne souhaitait pas s’engager dans une nouvelle version de Fin mal barrés !


Mais, il m’a semblé, également, qu’il y avait encore beaucoup à dire et beaucoup d’éclats de rires à provoquer…
J’ai aussi pensé à ces instants de magie que nous avions vécus dans les différentes salles de théâtre du pays (réelles ou « improvisées ») où, rassemblés dans une même enceinte, des spectateurs de tous âges, de toutes tendances politiques, riaient ensemble, aux quatre coins du territoire.


J’ai également reçu beaucoup de messages de Calédoniens ayant eu le sentiment que la pièce avait réussi à exprimer l’existence d’un lien entre nous tous. Ce « NOUS » qui me tient tant à cœur.


Alors, pour toutes ces raisons, il m’a semblé que oui, il fallait se lancer de nouveau. Quitte à essuyer des critiques car je suis bien consciente que la tâche ne sera pas aisée…


Mais la situation offre quelques atouts.

Les bouleversements dans le paysage politique calédonien après les dernières provinciales ont fait émerger de nouveaux « personnages » dans la vie politique calédonienne, qui éviteront des « redites » trop évidentes.


Par ailleurs, l’absence sincèrement regrettée de Maïté, va aussi permettre de s’appuyer sur un profil de comédien très différent – ce qui permettra d’éviter une comparaison trop évidente avec la première pièce.

Le personnage central sera incarné par Stéphane Piochaud, excellent comédien calédonien, de la même génération que Maïté et moi.


L’incarnation du personnage principal par un Homme européen (en apparence), va également permettre d’aborder les problématiques sous un autre angle, qui ne manquera pas de piquant non plus.

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Fin mal barrés ! À partir d’une idée

Il y a près de 4 ans, je commençais à écrire Fin mal barrés ! en prévision du référendum de 2018. Un vote que nous attendions tous depuis si longtemps.

Avec mon amie d’enfance, et comédienne, Maïté Siwene, nous voulions dédramatiser ce moment. Nous étions convaincues que, évidemment, ce vote se déroulerait sans encombre. Le vivre ensemble était bien plus ancré que ce que nombre d’observateurs pouvaient imaginer.

Journaliste, je sillonnais depuis des années le pays du Nord au Sud, en passant par les îles pour mes reportages. Pendant dix ans, j’ai pu échanger avec les Calédoniens de toutes les communautés et de tous les milieux sociaux. J’entendais souvent le même discours. Curieusement contradictoire.


Tous se disaient attachés au vivre-ensemble, avec souvent des familles métissées.
Mais, tous craignaient que le référendum ne propulse le pays dans un avenir sombre, où les armes pourraient même parler de nouveau… Les on-dit persistants sur des heurts à venir, les propos de certains responsables également, leurs faisaient craindre le pire.


Pourtant, ils finissaient tous par concéder qu’ils se plieraient au résultat des urnes et que chacun avait sa place dans notre pays… En résumé, tout allait bien finalement, mais rien n’irait plus… Tout le monde le disait…


Quand nous discutions de la situation, je remarquais, qu’invariablement, nous finissions toujours par en rire. Où que je sois. Parfois, mes interlocuteurs se moquaient de certains élus dans un grand éclat de rires ; ou un simple sourire, un peu caustique, s’esquissait. Mais, il était
bien là : le signe que l’on pouvait plaisanter avec ce sujet !


J’étais donc persuadée que les Calédoniens étaient prêts à rire du référendum. Je n’en ai jamais douté.
Pourtant, pendant la préparation du spectacle, nous entendions souvent : « Vous êtes sûres que les gens ont envie de rire du référendum ? », « Ouh là ! Un spectacle politique en Calédonie, mais vous êtes courageuses ! », « mais, jamais, ça pourra passer, ça ! ».


Et finalement, la pièce a fait l’unanimité.


Fin mal barrés ! est arrivé au bon moment.
Ce spectacle était en phase avec les Calédoniens. Il a prouvé que les mentalités avaient changé. En 2018, comme en 2020, les Calédoniens, et leurs élus, sont capables d’autodérision. Mieux : ils en demandent !


Nous sommes un peuple qui aimons rire. Des autres et de nous-mêmes ! Passer une soirée en brousse ou en tribu, et c’est un festival de feintes !

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La distance, un obstacle pour l’équipe ?

La crise du covid est intervenue en plein processus de création.
Un premier jet du texte était écrit en mars, à la veille du confinement.
L’équipe a poursuivi son travail, en organisant par vidéoconférence des séances de lecture, entre Jenny, l’autrice ; Frédéric, le metteur en
scène ; Stéphane le comédien et David le compositeur.


A aucun moment, l’équipe n’a songé à suspendre la création.
Comme disait Jenny : « Covid, ou pas, le référendum aurait bien lieu un jour ou l’autre ; donc il faut être prêt ! ».


A la fin du confinement, le texte était achevé. La mise en scène pouvait commencer.
Mais très vite il est apparu que le metteur en scène parisien ne pourrait pas nous rejoindre, en raison des restrictions de circulation…

Nous avons donc décidé de poursuivre le travail par vidéoconférence en doublant le temps initialement dévolu à la mise en scène pour pallier les difficultés crées par a distance…


Pendant deux mois, l’équipe a enchaîné les répétitions de 15h à 23h, heures de Nouméa, soit 6h à 15h, heure de Paris.
Nous avons également été rejoints dans l’aventure par trois assistantes, Hannah, Manon et Elsa. Trois étudiantes en théâtre du lycée Lapérouse qui se destinent à une carrière artistique.

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Mais qui est Hussein WOBAMA ?

Dans Fin mal barrés! Maïté Siwene interprétait le rôle de Michelle Wobama, métisse kanakeuropéenne, qui ne savait pas se positionner politiquement à l’approche du premier référendum.
Dans Fin mal géré ! Stéphane Piochaud endossera le costume de Hussein Wobama, référence là encore à l’ancien couple présidentiel américain.

Cousin de Michelle Wobama, et surtout métis de Bourail.
Du côté de sa mère, il est kanak-javanais et surtout descendant de Kabyle ; et 100% kanak du côté de son père. Enfin, pour ce que l’on en sait. Car si Hussein entreprenait un test génétique, nul doute que l’on trouverait en lui des traces de sang japonais, anglais, français…


Evidemment, une partie de sa famille est loyaliste, l’autre indépendantiste.
Lui veut réussir à se positionner.
Son ex-femme lui a suffisamment reproché de ne pas savoir ce qu’il voulait dans la vie… Alors,il en fait une question de principe : il va se décider. Pour ou contre l’indépendance.


Ce référendum arrive à point nommé.
Il va lui donner le sentiment de prendre son destin en main. Car en ce moment, il a l’impression que sa vie est un château de cartes qui s’écroule. Il a largué son ex-femme après 10 ans de vie commune.
Il paraît que c’est la crise de la quarantaine.


Car, comme sa cousine Michelle Wobama, Hussein est né en 1980.
Il aura donc 40 ans pour le 2ème référendum ouvrant la voie à l’indépendance de son archipel.


Et Hussein a vraiment du mal à savoir ce qu’il veut. Pour son pays.
Et pour lui aussi.
Tous ses amis lui disent qu’il est en crise.
La quarantaine.


En plein dedans.
Une crise existentielle.
Il ne sait pas où il va.


Visiblement, son pays non plus. 40 ans après le début des événements. Et ce n’est sans doute pas un hasard…
Que va-t-il voter ?

Et il a beau s’adresser aux ancêtres, ils ne lui sont d’aucune aide…
Décidément plus rien n’a de sens…