La compagnie Exîl

Exîl est une jeune compagnie théâtrale de Nouvelle-Calédonie créée pour porter le spectacle Fin mal géré !

La compagnie a vocation à porter d’autres projets d’écritures ou de créations en lien avec l’archipel calédonien.

 Sa direction artistique a été confiée à l’autrice et journaliste Jenny Briffa. La direction musicale et technique est assurée par le compositeur David Le Roy.

Pourquoi Exîl ? 

Exîl car il nous semble qu’en Nouvelle-Calédonie, nous nous sentons tous un peu exilés, comme si nous ne pouvions pas fondamentalement ressentir un sentiment de complétude sur notre île. 

Certains auront sans doute le sentiment que la colonisation les a exilés – les a sortis-  bien malgré eux de leur identité originelle.

 Quant aux autres composantes de la population, elles viennent toutes d’ailleurs par définition, directement ou indirectement (par leurs ancêtres). Une origine « extérieure » que l’on ne cesse de leur rappeler, avec plus ou moins de bienveillance.

Au final, en Nouvelle-Calédonie, nous sommes donc tous des névrosés de l’identité, des exilés identitaires. 

Mais cette faille intime est très belle.  Elle explique la plupart de nos tourments.  Et elle peut fonder de magnifiques créations artistiques. C’est tout l’objet de la compagnie Exîl.

Par ailleurs, étymologiquement, le latin exul / exilium repose sur deux notions, celle d’un point de départ, d’un lieu que l’on quitte et celle d’une marche en avant, sans qu’on puisse pour autant savoir, faute de termes nettement apparentés dans d’autres langues indo-européennes, si le Latin a voulu originellement marquer l’idée d’expulsion ou celle d’errance.

Ainsi, le mot « exil » est porteur de deux significations, de deux racines. 

Expulsion (le sens commun d’exil) mais aussi errance. Ce dernier terme nous semble particulièrement saillant pour définir la période que traversent notre île et les Calédoniens en général.  

Certes le terme peut sembler péjoratif, mais une errance peut également revêtir un sens très poétique. Errer, c’est aussi se chercher, tout comme notre pays se cherche… 

Par ailleurs, Jenny Briffa, qui est à l’origine de la compagnie, a décidé de s’exiler quelques temps du territoire, prendre du recul, notamment pour écrire ses prochains textes. 

Et comme beaucoup de Calédoniens, son histoire familiale est constituée depuis de nombreuses générations d’exils continus… Jusqu’à celui qui a conduit sa famille dans le Pacifique. 

Et puis, évidemment, il y a ce son. 

Exîl. 

Cette dernière syllabe qui rappelle que même à l’ex-térieur du caillou, en exil, notre île est toujours en nous. 

Exîl : une compagnie d’insulaires, qui en porte les mots. Et les maux… 

La pièce en résumé

L’équipe